Eau lustrale et eau chargée : une alternative à l’eau bénite

Eau lustrale et eau chargée  : une alternative à l’eau bénite

Lorsque j’étais enfant, et au moment des rameaux, ma grand-mère, qui ne pouvait pas se déplacer, nous demandait chaque année de lui ramener une branche de buis ou d’olivier bénie par un prêtre.

Je me souviens avoir un jour vivement protesté auprès de ma mère, exalté que j’étais par mon dernier numéro de « science et vie junior », lui disant que ce « bout de bois » n’avait pas davantage de valeur parce qu’un prêtre avait fait « je ne sais pas quoi » dessus.

Effectivement je ne savais pas quoi, et ma mère n’a pas non plus cherché à me l’expliquer, se contentant de répondre que « si, si, il a plus de valeur ».

C’est avec le temps, l’expérience, la pratique (à défaut d’explications lorsque j’en réclamais) que j’ai compris en quoi le fameux bout de bois était différent, et que j’ai compris aussi que les prêtres n’étaient pas les seuls à pouvoir lui octroyer cela.

L’article qui va suivre est sous-tendu par tout ça à la fois.

L’utilisation de l’eau bénite en magie

Comme chacun des quatre éléments, l’eau revêt une importance fondamentale dans de nombreuses traditions occultes, en magie et en sorcellerie.

Les déclinaisons symboliques liées à l’eau sont tellement nombreuses que je ne suis pas certain qu’il soit possible d’en faire une liste à peu près complète, mais dites vous que, selon vos traditions, les voies que vous choisissez, le type de magie que vous pratiquez, l’eau peut-être liée à une foule de notions :

Dans les ensembles de concepts les plus courants dans l’occultisme actuel, l’eau est liée à l’Ouest, donc par association à l’archange Gabriel, et au féminin. De là découlent d’autres attributs comme la communication (probablement liée à l’aspect mouvant de cet élément). Pour les mêmes raisons, on aura tendance (tout comme l’air d’ailleurs) à la rapprocher de l’art, mais aussi de la sagesse lorsqu’elle revêt un aspect plus calme.

Toutes ces notions sont évidemment très récentes théorisées telles qu’elles mais elles prennent naissance malgré tout dans des traditions plus anciennes. Le fait d’associer l’eau à des divinités et à des attributs (notamment féminins, comme la fertilité) n’a rien de nouveau.

En sorcellerie, et en évoquant des traditions anciennes, l’eau est avant tout investie d’un principe purificateur, et c’est tout à fait logique.

Pendant de très nombreux millénaires, et avant même que l’eau ne soit conceptualisée comme étant le principe de vie, elle était surtout, sur un plan purement pratique, l’élément qui nous permettait de nous débarrasser, très littéralement, de tout ce qui pouvait nuire à notre corps.

L’eau a été, et est encore aujourd’hui, l’élément fondamental et indispensable pour nettoyer des souillures, des blessures, faire disparaître des odeurs, lutter contre les maladies ou simplement soigner notre apparence.

Depuis l’aube de l’humanité, l’eau a donc été un vecteur de purification, et par là-même de possibilité de renouveau et de suite au renouveau en question, donc de consécration.

Mais l’on pourra se demander légitimement pourquoi utiliser de l’eau bénite en magie, car cela semble assez contre-intuitif pour des sorciers. Oui et non.

Il est évident que la théologie chrétienne ne reconnaît pas l’usage de l’eau bénite en sorcellerie, et le condamne même assez drastiquement en affirmant qu’elle ne peut avoir aucunes vertus dans ce type de pratique.

C’est oublier qu’il existe des sorciers chrétiens et des traditions de sorcellerie très imprégnées du christianisme. Ça ne répond pas aux canons de l’Église, ça ne veut pas dire que ça n’existe pas et que ça n’est pas efficient.

Et au-delà de ces considérations, ce qui intéresse beaucoup de sorciers dans l’eau bénite, ce n’est pas tellement le fait qu’elle ait été consacrée par un prêtre, c’est plutôt le fait qu’elle ait été consacrée tout court.

Ainsi, les eaux utilisées en magie, et intéressantes pour cette pratique sont avant tout des eaux « chargées ».

L’eau bénite est l’une d’elle, mais elle est très loin d’être la seule. C’est ce que j’ai souhaité aborder dans cet article, et l’on va pouvoir développer ça tout de suite.

Pourquoi une eau lustrale peut remplacer efficacement l’eau bénite, et comment la trouver ?

Pour commencer, il va falloir nous entendre sur la définition d’une eau lustrale, et ça n’est pas très compliqué : il s’agit d’une eau préparée/chargée/imprégnée de telle manière qu’elle peut être utilisée de façon rituelle.

À partir de là, vous avez sans doute déjà compris que l’eau bénite n’est autre que l’une des nombreuses formes de l’eau lustrale, mais il en existe beaucoup d’autres. Certaines sont profondément sacrées et issues de sources plus ou moins anciennes, d’autres sont plus récentes, notamment dans la manière de les produire.

On va s’attarder sur les premières immédiatement, et l’on verra les secondes en fin d’article.

J’ai toujours utilisé de l’eau chargée, et de l’eau bénite également, mais j’avoue avoir trouvé mon bonheur il y a seulement quelques années en découvrant une source proche de chez moi.

D’après la légende, il s’agit d’un endroit où un saint serait mort (je donnerai plus de détails probablement sur Instagram lorsque j’irai me ravitailler et que je ferai quelques photos). La source serait née de cet instant, une chapelle s’y tient juste à côté aujourd’hui, à l’entrée d’une forêt.

Le lieu est vraiment apaisant et beau, l’eau y est d’une clarté rare et… Elle est vraiment chaude. Même en hiver, elle est plus que tiède. De plus, cet endroit est suffisamment connu pour que, malgré son isolement, de nombreuses personnes y viennent en voiture pour y remplir des jerricans entiers, et la majorité ne sont pas des sorciers.

Simplement, tout le monde dans la région à eu des expériences avec cette eau chargée. C’est à mes yeux la quintessence d’une eau lustrale.

Si vous avez le même sentiment à ce sujet, et quelle que soit la région dans laquelle vous vivez, vous pourrez, avec quelques recherches, trouver près de chez vous une source avec une histoire similaire et des propriétés identiques, c’est assez courant en France.

Sinon, et si vous avez besoin de produire vous même de l’eau lustrale, on va voir tout de suite comment procéder selon vos besoins.

Devenir autonome en chargeant son eau soi-même

Il existe de nombreux types d’eaux chargées que l’on utilise en sorcellerie. L’eau bénite en fait partie, mais comme beaucoup d’autres, et difficile de dire laquelle sera la plus adaptée à vos besoins, d’autant que c’est assez circonstanciel.

Par exemple, de nombreux sorciers utilisent des eaux chargées par les éléments et/ou par les astres.

On pourra citer l’eau d’orage, l’eau de rivière, l’eau de marée, ou encore les eaux de lune, de soleil, ou des eaux planétaires.

Je ne vais pas ici faire le listing de ce type d’eaux lustrales, je le ferai peut-être un jour dans un article dédié, mais d’autres l’ont fait avant moi et vous trouverez sans problème des articles vous indiquant le type de procédures utilisées pour obtenir ces eaux. Et si vous avez quelques notions en sorcellerie et en charge énergétique, j’imagine que vous voyez déjà assez bien comment cela s’obtient.

Là ce qui va m’intéresser, c’est de vous présenter une eau lustrale que vous pouvez créer vous-mêmes, indépendamment de tout élément extérieur, et à partir d’eau du robinet.

Il est souvent recommandé, pour des eaux chargées en sorcellerie, d’utiliser de l’eau déminéralisée, mais honnêtement je n’ai jamais constaté de différence, donc inutile de purger votre fer à repasser pour ça. Tant que vous utilisez une eau potable normale, ça ira.

La contrepartie c’est qu’il vous faudra malgré tout avoir des bases en visualisation et en projection énergétique, mais c’est sensé être le cas pour n’importe quel rituel donc si vous comptez charger de l’eau pour l’utiliser en sorcellerie, en principe ce sont des bases que vous avez déjà, et dans le cas contraire, la charge de l’eau peut justement être un très bon exercice.

Pour commencer, placez de l’eau dans un bol ou dans un verre. Placez l’une de vos mains, ou les deux au-dessus, et utilisez ensuite vos habitudes en matière de visualisation et de projection pour donner des couleurs à l’ensemble et pour projeter la charge qui parvient de votre corps jusqu’à vos mains pour finir par imprégner l’eau.

Je ne donne pas de détails précis car c’est vraiment propre à chacun selon vos habitudes d’entraînement. Certains visualiseront une lumière dorée, d’autre une lumière blanche, d’autre encore une énergie venant soit de la tête, soit de la poitrine, soit directement des paumes… Pour avoir formé pas mal de gens à ce type d’exercices, et si la mécanique reste la même, le « décorum » est très individuel.

Si vous êtes vraiment très débutants, commencez à potasser la théorie en matière de visualisation et de projection énergétique. Entraînez vous ensuite à charger de l’eau avec vos mains, puis sans vos mains. Testez les résultats en goûtant l’eau chargée, lentement, pour voir la différence.

Avec l’habitude, vous serez assez vite capables de charger en très peu de temps la quantité d’eau dont vous avez besoin pour tous vos rituels.

C’est extrêmement pratique, et indispensable parfois lorsque l’on a rien d’autre sous la main, mais il y a aussi un aspect « charmant » je trouve, à aller chercher de l’eau dans une source précise. À voir selon vos envies, vos possibilités et vos besoins donc.

Auteur : Shaël Eveningstar

Illustrations : Shaël Eveningstar

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